Newsletter Mars 2019

EDITO MARS 2019

L’économie mondiale dans le triangle des Bermudes

Un navire plongé dans une purée de pois réduit sa voilure et poursuit prudemment sa progression en navigant à vue.
C’est en substance ce qui transparait de l’économie mondiale ces derniers mois. Nous vivons une période paradoxale où globalement les entreprises vont bien, le business est là. C’est le cas par exemple de la plasturgie française qui atteint son plus haut niveau historique en 2018 avec un chiffre d’affaires de 31,7 Mds d’euros.
De nouveaux projets miniers sont à l’étude, comme dans l’Ariège où Apollo Minerals, une société australienne, souhaite rouvrir une des plus grandes mines de tungstène au monde. Au-delà de nos frontières, un gisement majeur de fer est en passe de voir le jour en Guinée. Le fer, toujours, un métal précieux pour le géant Rio Tinto qui lui doit en grande partie ses bénéfice en 2017. Enfin, les prix des métaux remontent significativement ces dernières semaines : +11% pour le cuivre, +16% pour le zinc, +25% pour le nickel…
Pourtant, malgré ces informations encourageantes, l’incertitude demeure.

Des indicateurs contre vents et marées
Depuis des décennies, les marchés obéissaient à des cycles que l’on savait identifier, et donc anticiper. Le problème, c’est qu’aujourd’hui les indicateurs traditionnels ne sont plus fiables, et certaines données sont contradictoires. Alors que l’activité semble bien se porter, l’indice trimestriel de l’OMC sur l’évolution du commerce mondial est en recul : exportation, frêt aérien, matières premières agricoles, tous les chiffres sont dans le rouge.
La hausse des prix, quant à eux ne seraient pas dus à une reprise économique, mais plutôt liés à des stocks particulièrement bas.
D’autres indices plaident en faveur d’un ralentissement de l’économie : les tensions commerciales se poursuivent entre la Chine et les Etats-Unis, Glencore a décidé de geler sa production de charbon, première source d’électricité de la planète, et Vale est en crise après l’accident de barrage au Brésil, avec la démission de son PDG. Pourtant, dans le même temps, on note que le Dry Baltic Index, mesure considérée comme l’une des plus fiables de l’économie mondiale, reprend des couleurs après une forte baisse il y a 3 mois.

Comment maintenir le cap ?
Les mesures habituelles ne sont sans doute plus pertinentes, et peut-être faut-il apprendre à voir les choses sous un jour nouveau.
Avec la mondialisation, certains pays rattrapent leur retard et modifient l’équilibre économique que l’on connaissait jusque là.
Les cartes sont redistribuées et il est difficile de prendre des initiatives dans ce contexte. Pour reprendre la métaphore du navire, celui-ci semble perdu au milieu du triangle des Bermudes et tous les instruments de navigation sont hors d’usage: les boussoles s’affolent, les GPS ne captent plus, les sextants sont inutilisables dans le brouillard…
Seul compte finalement le bon jugement du capitaine, qui, à défaut d’anticipation, doit faire preuve de prudence et de pragmatisme au jour le jour, afin de mener son navire à bon port.

Jean-Jacques Le Gall, directeur général de KERLOG

BRÈVES MARS 2019

Le recyclage en Europe

D’après la dernière étude d’Eurostat, les taux de recyclage progressent dans l’Union européenne : 53% en 2010 contre 55% en 2016.
Les déchets de construction et de démolition sont récupérés à près de 90%, les déchets municipaux à 46%, et 67% des emballages sont recyclés.
Pourtant, malgré cette progression du recyclage, il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne la réutilisation de ces matières recyclées.
Seuls 12% des matériaux utilisés en Europe proviennent de produits recyclés ou valorisés.

EcoDDS 1, Etat 0

L’éco-organisme a finalement été réagréé pour 6 ans le 10 mars dernier, suite à son bras de fer avec l’Etat. Les collectes vont donc pouvoir reprendre rapidement.
Mais cet épisode peu glorieux pose la question de l’autorité de l’Etat et de la toute puissance des éco-organismes dans le secteur du déchet.
Et si d’autres filières avaient l’idée d’imiter EcoDDS dans leurs futures négociations avec l’Etat ?

Véhicules électriques et recyclage

Les constructeurs automobiles s’engagent dans le recyclage des batteries de véhicules électriques. C’est le cas de Volkswagen qui installera l’année prochaine une usine pilote de production et de recyclage.
Objectif : traiter 3000 batteries par an, et réintégrer les matières premières dans la chaîne de production.
La marque allemande souhaite à terme recycler 97% de toutes les matières premières de ses véhicules.

Valorisation énergétique grâce aux CSR

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) encourage les projets de valorisation des déchets, et notamment des combustibles solides de récupération, pour la transition énergétique.
Plus de 400 millions d’euros sur 20 ans pourraient être débloqués pour aider les industriels à se passer de charbon et à recourir aux CSR, notamment les usines de l’agroalimentaires et du papier-carton.
L’objectif de la PPE : atteindre la neutralité carbone en 2050.

Dépôts sauvages

Selon l’Ademe, les dépôts sauvages augmentent autant que le désarroi des élus, démunis face à ce phénomène inquiétant.
Ces déchets représenteraient 21kg par habitant et coûteraient 60 000 euros par an à chaque collectivité pour leur traitement.
Outre les problèmes d’incivilité et du partage des responsabilités entre communes, intercommunalités et Etat, les élus pointent du doigt le manque de maillage des déchèteries.
Des préoccupations que la futur loi sur l’économie circulaire devrait prendre à bras le corps.
Parmi les pistes avancées, élargir le recours à la vidéosurveillance et renforcer les pouvoirs des agents de surveillance de la voie publique et des policiers municipaux. Vous pouvez aussi réfléchir au maillage de votre territoire.

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