Les Brèves d’Octobre 2018 par KERLOG

KERLOG absent de Pollutec

Suite à un changement de politique commerciale de la part de la société qui gère le salon Pollutec, qui a décidé de privilégier les grands acteurs, nous ne pourrons être présents cette année. Les salons professionnels semblent ne plus répondre aux problématiques d’aujoud’hui. On nous a finalement fait prendre conscience qu’internet les remplace aventageusement, et de manière plus régulière au travers d’informations mensuelles, et non plus tous les deux ans. Il faut savoir vivre avec son temps.

Max la ramasse

L’IA arrive dans les centres de tris. Pour la première fois en Europe, un robot « intelligent » a été installé par Veolia dans leur usine d’Amiens. Baptisé Max, il est capable de trier une fois et demie plus vite que les opérateurs, grâce à ses caméras, capteurs et bras articulés. Le déploiement de ces robots devraient se développer dans les prochaines années, notamment pour augmenter les rendements et répondre aux exigences de recyclage. Mais cet intelligence artificielle ne va pas se limiter aux tapis roulants. D’autres outils devraient bientôt pouvoir être automatisés, comme les pelles par exemple. En effet, dans des espaces contraints et privés que sont les centres de tris, sans interraction avec l’extérieur, les expérimentations sont plus faciles. Le recours à l’IA suit le cours de l’Histoire. C’est aussi, à n’en pas douter, une réponse de l’industrie à la taxation du travail à outrance.

Hausse de la TGAP : nouvel impôt indirect

Les collectivités ont déjà fait leurs calculs : leurs contributions dues à la hausse de la TGAP devraient doubler, voire tripler, d’ici 2025. Cette augmentation est prévue dans le projet de loi de finance 2019, présentée il y a quelques jours par le Gouvernement. A ce rythme, les collectivités vont nécessairement devoir reporter cette hausse sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, et donc faire supporter par le citoyen un nouvel impôt déguisé.

Comment remplacer le plastique jetable ?

Ce sont des produits de consommation courante qu’on imagine difficilement disparaître de notre quotidien d’ici un an. Pourtant, à l’horizon 2020, couverts, pailles, touillettes, gobelets, assiettes, et autres saladiers en plastique seront interdits en France. Un casse-tête pour les industriels, qui dénoncent un calendrier beaucoup trop court. Le problème majeur, c’est que la demande est toujours croissante et qu’il n’y a aujourd’hui quasiment pas de matière alternative. Certains ont développé une gamme en PLA, mais cette matière nécessite un compostage industriel. Or seuls les produits jetables recyclables dans des composteurs domestiques seront autorisés. Certes la problématique du plastique à l’échelle de la planète doit être traitée, mais attention aux positions dogmatiques qui risquent de mettre à mal toute une filière. Et au-delà de l’aspect économique, les solutions alternatives au plastique pour ces produits n’étant pas satisfaisantes d’un point de vue sanitaire, avons-nous réellement les moyens de nous passer de ces ustensiles ?

Autoroute recyclée

Enfin de vrais projets pour l’économie circulaire ! Un tronçon de l’autoroute A10 a été refait avec un revêtement issu de l’ancienne chaussée. Un recyclage proche de 100%. Une première mondiale pour une voie de circulation qui est capable de supporter 30 000 véhicules par jour. Avec ce procédé, on économise des matières d’extraction et on émet moins de CO2, notamment grâce à l’usine mobile mise en place à proximité du chantier, qui limite les allers-retours des camions. Dernier avantage, et non des moindres, la fabrication de l’enrobé recyclé n’est pas plus cher que pour un bitume classique. Le procédé est donc mature. Les mentalité changent, fort heureusement, et il y a de nouvelles perspectives dans ce secteur dans les années à venir.

On ne mégote pas avec les déchets

Les propositions des cigarettiers n’ont pas convaincu le Gouvernement. Financer des études de comportements, des campagnes de sensibilisation ou des distributions de cendriers de poche : des mesures que l’Etat juge très en deçà de ses attentes en matière de lutte contre les déchets de mégots de cigarettes. Par conséquent, l’hypothèse de la création d’une nouvelle éco-contribution se précise pour la collecte et le recyclage de ces déchets. Une mesure « pas réaliste », se défendent les cigarettiers, pour qui les 20 000 à 25 000 tonnes de mégots jetés à terre chaque année ne représentent qu’un faible tonnage.

Voitures électriques : le revers de la médaille

On l’a vu ces derniers jours lors du Mondial de l’automobile en France, les véhicules électriques et hybrides rechargeables sont en plein essor. Les Gouvernements encouragent les constructeurs et les consommateurs à s’équiper de voitures « moins polluantes ». Paradoxalement, c’est une bonne nouvelle pour l’industrie minière, qui a des dizaines de projets de nouvelles extractions, notamment en Europe, pour le lithium, ce métal indispensable au stockage de l’énergie dans les batteries. Les prévisions voient la demande doubler pour 2025, et quintupler pour 2030, a minima. La fabrication des véhicules électriques est donc loin d’être neutre : on ne fait que déplacer la problématique des ressources. Et le bilan carbone de ces véhicules est négatif, contrairement à ce qu’on fait croire à l’opinion publique.

Lire l’Edito d’Octobre 2018